L’année qui vient de s’achever a été véritablement catastrophique à travers le monde. Et pourvu que 2021 ne soit pas comme 2020, ici, au Cameroun…

En 2020, il y a eu des tensions exacerbées, ici au Cameroun, jusqu’à ce que je pense même qu’on était déjà au bord de frôler de la guerre civile…

Car en dehors du conflit anglophone qui s’achemine vers sa cinquième année, nous avons assisté à une montée en puissance du tribalisme et de la xénophobie. Les Bamilékés et les Ewondos se sont régulièrement invectivés par réseaux sociaux interposés, et les gens du Septentrion se sont singularisés par le mouvement « 10 millions de Nordistes ».Pourvu que 2021 ne soit plus une année de bras de fer entre Maurice Kamto et Son Excellence Paul Biya. Pourvu que nos rues ne soient plus militarisées à l’annonce des marches dites « pacifiques ». Pourvu que les nombreux prisonniers politiques et les journalistes soient immédiatement libérés. Pourvu que l’opposition camerounaise et son gouvernement trouvent enfin un terrain d’entente. Car Paul Atanga Nji et son compère Paul-Éric Kingué sont des aboyeurs qui n’ont pas trop l’habitude d’éteindre les incendies ; surtout lorsque ceux-ci ont été déclenchés par les sulfureux militants du MRC…

Certains appellent cela des faits divers, mais pour moi, ça reste des tragédies. Des drames, même. Car dès le mois de janvier 2020, il y a un adolescent du lycée de Nkolbisson qui a assassiné son enseignant de mathématiques en se servant d’un petit compas ordinaire…

Puis, le 22 juillet, il y a eu ce gendarme qui a été bastonné à mort à cause d’une simple histoire de toilettes à l’agence Finexs. Le 25 juillet, il y a eu la fusillade de la petite amie du sous-préfet de Lokoundjé. Sans parler du taximan, décédé le 23 juillet des suites de ses blessures, après avoir été interpellé puis torturé pour une banale histoire de mauvais stationnement…

On a aussi assisté à une tragédie à Bafoussam, où une gendarmette a tiré à bout portant sur un pauvre petit bendskineur. On a assisté à une catastrophe avec l’accident de Ndikiniméki qui a causé une quarantaine de morts. On a été témoins de la barbarie à l’état pur, puisque des terroristes sont entrés dans une école primaire de Kumba le 24 octobre, et qu’ils y ont sauvagement massacré de tout petits enfants…

Le coronavirus a été le mot le plus prononcé durant l’année qui vient de s’écouler. Car dès le mois de mars, nous étions déjà en situation de crise ! Le Covid-19 nous a obligés à ralentir nos activités, à fermer les commerces, à interrompre les programmes scolaires, à modifier nos comportements sociaux, et même à se disputer puisque moi-même, j’ai perdu ma petite amie à cause de ce malintentionné maudit coronavirus…

Paul Biya est même allé jusqu’à annuler la traditionnelle cérémonie du 20 mai, la fête nationale. Il a également restreint ses déplacements officiels (déjà qu’il n’en faisait pas beaucoup) et il s’est mis en auto-confinement. Il a ordonné un plan de collecte de fonds pour la riposte contre cette épidémie, mais jusqu’à aujourd’hui nous ne savons toujours pas où sont passés les sacs de riz qui nous avaient été offerts par la société Orca…

Nos objets familiers sont devenus le savon, le masque et le gel hydro-alcoolique. Mgr Kleda est devenu une vedette grâce à sa décoction anti-Covid-19. Madeleine Tchuenté a été surnommée la ministre des chauves-souris. Malachie Manaouda a fait fermer provisoirement la polyclinique Marie Ô. Le sous-préfet de Minkan a failli destituer une autorité traditionnelle, parce que celle-ci avait osé refuser le don d’un seau pour lutter contre le coronavirus…

Sur le plan funéraire, ça a été une hécatombe ! Puisque 2020 restera à tout jamais comme l’une des années les plus meurtrières de notre histoire…

On a d’abord perdu une légende : Manu Dibango. Ensuite, un homme d’affaires exceptionnel : Fotso Victor. On a aussi perdu les politiciens Franklyn Ndifor, Simon Meyanga ou encore le patriarche Adamou Ndam Njoya. On a constaté le décès de plusieurs médecins qui sont morts par insuffisance respiratoire. On a été séparés du brillantissime avocat Sylvain Souop. On a appris le trépas de l’icône footballistique Stephen Tataw. On a vu souffrir puis mourir –en direct– Mama Nguéa Laroute. On a été unanimement émus par le décès de la jeune présentatrice Flora Zé, et jusqu’aujourd’hui le groupe Équinoxe n’est toujours pas parvenu à s’en remettre.

Il s’agit là des plus connus, évidemment. Mais sur le plan personnel, j’ai aussi perdu ma tante bien-aimée, celle qui vivait à Bépanda. J’ai aussi perdu mon cousin Jacques qui vient de mourir, mais je n’ai pas envie de m’apitoyer parce que je sais que vous avez aussi traversé les mêmes situations que moi…

Donc, l’année qui s’est achevée a été véritablement catastrophique à travers la planète entière. Mais pourvu que 2021 ne soit pas comme 2020, ici, au Cameroun…

Pourvu qu’il n’y ait plus de tricherie en 2021 ! Pas seulement au Baccalauréat avec l’affaire du petit Kevin Gassam, mais je parle surtout de la fraude qu’on a pu constater lors de nos dernières élections municipales.

Pourvu qu’il n’y ait plus de mensonges ! Parce que Stéphanie Djomo avait effectivement menti en regardant devant la caméra, et Paul Biya avait aussi menti puisque la CAN 2019 sera finalement organisée jusqu’en l’an 2022. Pourvu qu’il n’y ait plus les dégâts des eaux que nous subissons chaque année, puisque le 21 août il y a encore eu une impitoyable inondation ici à Douala.

Et je ne vous parle même pas de mon ami Pierre La Paix Ndamè, lui qui vient de perdre sa camarade Tiki Monique. Je n’ai même pas mentionné ma voisine Gisèle qui était décédée au mois de juin, après un périlleux accouchement. J’ai aussi oublié le chef de l’Etat dont la sœur aînée avait rendu l’âme dans la nuit du 31 octobre. Bref, 2021 sera forcément meilleure que l’année 2020, ici, au Cameroun…

Source: https://www.camer.be/83965/32:29/pourvu-que-2021-ne-soit-pas-comme-2020-au-cameroun-cameroon.html

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