Monsieur le président, du 21 au 29 décembre 2020, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) a lancé un emprunt obligataire sur le marché financier de l’Afrique centrale pour un montant de 100 milliards de F. Au vu des résultats de plus de 106%, quelle appréciation faites-vous de cette opération ?

Nous sommes allés sur le marché pour lever un montant de 100 milliards de F. En dépit du fait que la période de souscription était très courte (cinq jours effectifs) et se trouvait au milieu des fêtes de fin d’année, nous avons pu lever un peu plus de 106 milliards de F. Nous pouvons donc dire que c’est un succès. Ceci étant, il faudrait rappeler que la venue de la BDEAC sur le marché financier sous régional visait trois principaux objectifs. Le premier était d’offrir l’opportunité aux épargnants de notre Communauté de rentabiliser leur trésorerie en la plaçant dans une institution sûre, à un taux d’intérêt très lucratif. Le deuxième objectif était de faire participer les citoyens de notre Communauté au financement de notre développement. Cela pour un changement de paradigme car, depuis toujours, nous avons basé notre politique de développement sur les investissements directs étrangers ou sur l’aide publique au développement. Désormais, nous devrions nous-mêmes être les moteurs et acteurs de notre développement, grâce à notre épargne qui est énorme. Le troisième et dernier objectif était de tester l’appréciation que les investisseurs font de la BDEAC, suite aux réformes structurelles et conjoncturelles opérées au cours des trois dernières années. Sur ce point, nous savons désormais que le titre BDEAC est très recherché et apprécié sur le marché. Nous pouvons dont nous en réjouir. 

Depuis l’adoption du plan stratégique 2017-2022, les projets approuvés par la BDEAC et actuellement dans son portefeuille sont au nombre de 46, représentant un volume global de près de 551 milliards de F, dont 208 milliards de F pour le secteur public non marchand. 160 milliards de F pour le secteur public marchand et 183 milliards de F pour le secteur privé. Tous ces projets sont naturellement éligibles aux ressources levées dans le cadre de l’emprunt obligataire ou aux autres ressources mobilisées par ailleurs. De façon indicative, parmi les projets publics non marchands de la BDEAC au Cameroun, il y a la route Batchenga-Ntui, la route Mintom-Frontière Congo, le barrage hydroélectrique de Lom-Pangar et bien d’autres.   

Outre les projets intégrateurs, les pays de la CEMAC bénéficieront-ils de ces financements ? Si oui, quelle est la part du Cameroun dans cette enveloppe ?

Comme je l’ai indiqué tantôt, tous les projets du portefeuille actif de la BDEAC sont éligibles aux ressources de l’emprunt obligataire. Par conséquent, tous les pays de la CEMAC seront bénéficiaires des fonds levés. Cependant c’est le rythme d’exécution de chaque opération qui fera la différence. En effet, les ressources étant déjà disponibles, leur utilisation suivra la cadence de mise en œuvre des projets sur le terrain, conformément au principe du « premier arrivé, premier servi ». C’est pourquoi nous incitons les organes d’exécution des différents projets à favoriser une mise en œuvre diligente des projets qui leur sont confiés. 

J’en profite donc aussi pour dire que l’approche de la BDEAC est sous régionale. A cet égard, la CEMAC représente pour nous un ensemble monolithique. Car, les effets des investissements réalisés au Cameroun se font ressentir par exemple en Guinée Equatoriale, au Gabon et au Congo. Nous n’avons donc pas d’enveloppe spécifique affectée à un pays en particulier. Ceci dit, le Cameroun étant la première économie de la sous-région, il est évident que les décaissements en faveur des opérateurs économiques camerounais seront les plus importants.  

En lançant cet emprunt obligataire, la BDEAC était en quête de 100 milliards de F, mais en a obtenu plus de 106. A quoi servira le surplus ? 

Tous les fonds levés au terme de cet emprunt obligataire serviront à financer le développement économique de la sous-région. Puisque vous parlez du surplus de fonds obtenu, je voudrais en profiter pour exprimer mes sincères remerciements aux épargnants de la sous-région, notamment Camerounais, qui se sont mobilisés massivement pour participer à cet emprunt obligataire. Je voudrais également faire part de ma satisfaction du travail abattu par notre intermédiaire, un consortium camerounais qui, en un temps record, a permis de structurer cette opération et d’obtenir les résultats que nous connaissons tous aujourd’hui. 

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Source: https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/37677/fr.html/nous-devons-etre-les-moteurs-de-notre-developpement

News – «Nous devons être les moteurs de notre développement»